Dimanche de Pâques

Le texte.         Luc 24, 1 – 12

Le premier jour de la semaine, à la pointe de l’aurore, les femmes se rendirent au tombeau, portant les aromates qu’elles avaient préparés.  Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau.  Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.

Alors qu’elles étaient désemparées, voici que deux hommes se tinrent devant elles en habit éblouissant.  Saisies de crainte, elles gardaient leur visage incliné vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?  Il n’est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée : “Il faut que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite.” »

Alors elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites.  Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres.  C’étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres.  Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas.  Alors Pierre se leva et courut au tombeau ; mais en se penchant, il vit les linges, et eux seuls. Il s’en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé.

Commentaire (reconstitué) d’Henri Weber

A l’époque, le premier jour de la semaine est un jour ouvrable, banal. La vie quotidienne reprend maintenant que les fêtes viennent de se passer. Les choses décisives vont donc avoir lieu hors d’un temps sacré et hors d’un lieu sacré. En Luc, ce sera le jour le plus long : il commence au lever du soleil, à l’aurore, et se termine  le jour de l’Ascension (1). La résurrection de Jésus ne fait-elle pas éclater le temps et l’espace ? Ce matin-là donc, des femmes, celles qui sont restées jusqu’au bout auprès de Jésus, se rendent au tombeau pour honorer son corps. Surprises : la pierre est roulée et le corps a disparu !

Deux hommes se présentent. En vêtements fulgurants, comme à la Transfiguration.  Les femmes sont saisies de « crainte ». Dans la Bible, la crainte est ce sentiment qui surgit lorsqu’on se trouve en présence d’un événement ou d’une personne qui nous dépasse. Vient alors le message, « LA » bonne nouvelle qui bousculera à jamais l’histoire humaine : celui que tout le peuple a vu mort à Jérusalem s’est en toute lettre « éveillé » ou « levé ». Mais de cette nouvelle, incontestablement bonne, aucune preuve. Aussi, les deux hommes font appel à leur mémoire. Qu’elles se rappellent les paroles de Jésus en Galilée : trois jours après sa fin atroce, il se « lèverait ». Elles s’en souviennent. Et ce souvenir les met en route.

(1) Dans le livre des Actes, le même Luc note les quarante jours pendant lesquels, Jésus apparaît aux siens.

Luc donne le nom de plusieurs d’entre elles : Marie Madeleine, Jeanne, Marie mère de Jacques. En effet par leur témoignage, elles jouent un rôle exceptionnel dans notre Eglise. Au sens strict, elles sont apôtres des apôtres !  Mais va surgir la bêtise des mâles : ce ne sont « que » des femmes, et, ô comble, des femmes qui avaient peur ! Car, comme le raconte Marc, elles ont eu peur.  Heureusement !

et ici, permettez-moi de reprendre un poème écrit jadis à partir du récit de Marc avec une petite ajoute de circonstance

« Elles avaient suivi leur Seigneur jusqu'au bout de son chemin,

jusqu'à la mise au tombeau.

Alors, alors seulement, elles étaient rentrées chez elles.

Mais, le lendemain du sabbat, les voilà de retour,

avec des aromates et du parfum.  Stupéfaction !

La tombe est ouverte. Vide !   Frayeur !

Un homme en blanc leur dit un message inouï,

invraisemblable.  Et ce n'est pas tout.  Ce message,

elles, des femmes, des femmes toutes simples,

ont à le transmettre aux disciples et à Pierre,

du moins si elles les retrouvent...

Et l'évangile qui dit vrai, qui n'invente rien,

l'évangile reconnaît qu'elles ont eu peur.

Heureuse peur !  Bienheureuse peur !  Quelle chance

qu'elles aient tremblé.  Car si elles avaient  trouvé tout cela normal,

si elles avaient dit, par exemple : "Oui, hier encore,

un ange nous disait..."  alors évidemment c'était suspect !

Mais elles ont eu peur et elles ne dirent rien à personne.

Et puis, ce sont des femmes !  Depuis toujours, les femmes

ont tant de mal à se faire écouter des hommes. Tant de mal !

"Des femmes disent que..."  Il suffit de commencer comme cela

pour que les hommes lèvent yeux et bras au ciel.

Heureusement qu'elles ont eu peur et que d’abord elles se sont tues.

Heureusement aussi qu'elles sont trois.  Non pas qu'on va

les en croire davantage mais à trois, on ose, on prend des risques.

Car finalement elles parleront.  Et leur témoignage sera rejoint

par d'autres témoignages.  Et la foi de l'Église pourra naître.

Oui, notre foi est bâtie sur ces peurs, ces doutes, ces hésitations.

Sur la timide audace de trois femmes et de quelques pauvres,

longtemps incrédules, disent les évangiles.

Aujourd'hui, nous sommes traversés par de mêmes doutes,

de mêmes peurs, de mêmes brouillards

qui peuvent durer des jours, des mois, de années,

avec des questions énormes, radicales

sur la vie, la souffrance, si souvent inhumaine, sur la mort.

Avec des questions sans réponses, enfin un peu sérieuses.

Mais aujourd'hui encore nous sont envoyés des femmes

et aussi des hommes de lumière : une voisine, un ami,

une infirme, mais aussi un pape, étonnant de simplicité, de pauvreté.

Leur conviction toute humble, bien plus que des mots suffisants,

bien plus que de puissants raisonnements métaphysiques,

suggère l'incroyable.  Oui, une tombe peut s'ouvrir et libérer la vie.

Oui, le poids de nos scepticismes peut être soulevé.

Et voilà que dans nos "Galilée" d'aujourd'hui se met à briller,

une fois de plus une douce clarté, comme une étoile.

"C'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit..." »

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