19ème dimanche ordinaire.

Le texte.  Luc 12, 49 – 53 (Les mots en italique sont plus proches de l’original que ceux du missel.)

Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s’use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, là où la mite ne ronge pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.

Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées, (1).  Soyez comme des gens qui attendent leur seigneur à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.

Heureux les serviteurs que le seigneur, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il se ceindra, les fera s’étendre à table et les servira. S’il revient vers la deuxième veille ou la troisième, et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils !

Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l’heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme vient. »

Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s’adresse-t-elle à nous ou à tout le monde ? »

Le Seigneur répondit : « Quel est donc l’intendant fidèle et sensé à qui le seigneur confiera la charge de ses domestiques pour leur donner en temps voulu leur part de blé ? Heureux serviteur que son maître, en arrivant, trouvera à son travail ! Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : “Mon seigneur tarde à venir”, et s’il se met à frapper les jeunes serviteurs et les jeunes servantes, à manger, à boire et à s’enivrer, son maître viendra, le jour où il ne l’attend pas et à l’heure qu’il n’a pas prévue : il le coupera en deux et il mettra sa part avec les infidèles.

Le serviteur qui, connaissait la volonté de son maître, n’a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.

Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup. A qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage.

(1) C’est à dire en tenue de travail.

 

 

L’homélie.

Pour comprendre ce passage d’évangile, et combien d'autres, il faut se rappeler que le Royaume dont parle Jésus commence dès aujourd'hui, en ce monde-ci. C'est maintenant que nous sommes invités à y entrer. La proposition de Jésus de vendre ce que nous avons et de le donner en aumône servira, dit-il, à se faire une bourse qui ne s'use pas et un trésor inépuisable dans les cieux. Or ce trésor ou joie des cieux se réalise dès aujourd'hui si nos relations sont fraternelles, si nous nous faisons proches du " dernier ", du pauvre. C'est ceci qui est durable, sûr, bâti sur le roc, et non la soif effrénée de profit et de pouvoir. Oui c'est maintenant qu'il nous est proposé d'entrer dans le Royaume, d’être donc déjà dans la proximité de Dieu.

Jésus donne ici une nouvelle béatitude : " Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. " Heureux, je pense, pour deux raisons. 1/ Parce que les premiers chrétiens croyaient imminente la venue en gloire de Jésus. Or cette attente se prolongeait. Heureux donc celles et ceux qui continuent à veiller. Et 2/ parce qu'en fait, Jésus ne viendra pas seulement en gloire, dans un lointain futur, c'est chaque jour qu'il vient parmi nous mais à la manière de Dieu, c'est-à-dire dans la plus grande discrétion.

Car la parabole est claire : ce n'est pas seulement bien plus tard mais dès maintenant, dès aujourd'hui, que le Seigneur ou " Maître de maison " vient à notre rencontre. Jésus a même    décrit ailleurs sa manière de venir à nous (1) dans celle, celui qui a faim, qui est étranger, malade, en prison. D'où sa parole : " à l'heure où vous n'y pensez pas " !  Oui, le Seigneur vient mais il n'a pas annoncé sa venue lors d'une glorieuse procession du Saint Sacrement, ni lors d'un fastueux accueil du pape, ou d'un évêque, d'un petit curé. Ce sera dans la rencontre avec le pauvre, le " petit ". Et ici, on ne sera jamais prêt car ce sera toujours inattendu.

Pierre, sans doute quelque peu ébranlé, demande alors à Jésus qui il vise par des propos si sévères… Jésus reprend alors sa parabole en s'attardant sur le rôle du " serviteur ". Mais qui est-il ce personnage dont Jésus parle si souvent ? Dans un sens qui ne laisse aucun doute, Jésus désigne par ce mot les futurs responsables de communautés chrétiennes, les futurs responsables d'Eglise. Et comme le 1er Testament, notamment le prophète Ezékiel, reprochait déjà leur attitude aux mauvais bergers, Jésus met sévèrement en garde ceux qui dans l'avenir seront de mauvais responsables d'Eglise !

Seul, le bon responsable veille à la bonne marche de sa maisonnée. Par une vigilance active, un travail effectif ; en pourvoyant aux besoins vitaux, matériels ("Les croyants mettaient tout en commun " (2) ) et spirituels de toutes et de tous. Le mauvais responsable ne veille pas, il laisse sa maisonnée à l'abandon, passe son temps à manger, à boire, à s'enivrer ou à dormir. Or, dit clairement Jésus, ce dernier connaît aussi bien que le premier la volonté de son maître. C'est un reproche fréquent de Jésus aux responsables du peuple de Dieu : oui, ils connaissent très bien la parole de Dieu mais préfèrent l'oublier… (3)

Jésus enfin, de manière très imagée (à ne pas prendre au pied de la lettre !) envisage les sanctions : des volées de coups plus ou moins nombreuses et lourdes ! Pour qui plus spécialement ? Les dernières paroles de ce passage sont à nouveau bien claires, sachant que, dans la Bible, " on " désigne souvent Dieu : " A qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup. A qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage. " C'est la raison pour laquelle Jésus demande de ne jamais juger qui que ce soit (4). Personne en effet ne sait ce que, comme don personnel, l'autre a reçu, ou n'a pas reçu. C'est donc infiniment simple. Encenser quelqu'un dès ici-bas ou le condamner c'est nécessairement se tromper. Seul Dieu connaît le fond de notre cœur !

(1) Matthieu 26, 31 - 46 ;

(2) Actes des Apôtres 2, 44 ;

(3) Matthieu 23, 3… ;

(4) Matthieu 7, 1.

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