20ème dimanche ordinaire

Le texte.   Luc 12, 49 – 53 (Les mots en italique sont plus proches de l’original que ceux du missel)

Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et comme il m’en coûte d’attendre qu’il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Pas du tout, je vous le dis, mais plutôt la division. Car dés maintenant cinq personnes dans la même maison seront divisées : trois contre deux et deux contre trois. Ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille, et la belle-fille contre la belle-mère. »

 

L’homélie.

Curieuses paroles de Jésus : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! » ou : « Je dois recevoir un baptême. Comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli ! » ou davantage encore : « Ce n'est pas la paix que je suis venu apporter en ce monde mais la division. » C'est sur cette dernière parole de Jésus que je voudrais m’arrêter. Le feu en effet, c’est sans doute le feu de l'Esprit Saint, l’Esprit d'Amour qui ne demande qu'à embraser le monde. Quant au baptême, le mot vient du grec et signifie « immersion ». Jésus souhaite ne pas tarder à être immergé dans la mort qu’il sent venir. Mais il est convaincu qu'elle débouchera sur la vie.

Arrêtons-nous donc à : « Ce n'est pas la paix que je suis venu apporter au monde mais la division. » Bien sûr, les mots « paix » et « amour » font penser à un climat de tendresse réciproque. Mais ce n’est pas évident. Car si souvent, « aimer » exige d'aller à l’encontre des autres et donc de lutter. Déjà dans l’éducation des enfants. Les parents savent si bien qu’aimer un enfant c'est notamment être capables de lui dire « non » ! Sans oublier les conflits de génération ! Avec ce curieux conseil dans la lettre aux Colossiens : « Parents, n’exaspérez pas vos enfants, de peur qu’ils ne se découragent... (1)»

Voyons aussi l'histoire ouvrière. Aimer les ouvrières, les ouvriers et leurs enfants, c’était à l’époque lutter contre des lois injustes. Car il fallait lutter pour que soient abolies des lois organisant un travail de 10 heures par jour et cela 6 jours par semaine, pour hommes, femmes et enfants, travaillant même dans des mines ! Et pourtant combien de chrétiens, n’ont-ils pas justifié ces lois horribles, au nom d’une saine économie ?  « Aimer » cela voulait donc dire alors lutter pour que disparaissent ces lois ! Par amour pour celles et ceux qui en souffraient.

Autres exemples encore. En temps de guerre, aimer ses proches ne veut-il pas dire prendre leur défense ? La plupart des moralistes, mais pas tous (2), ajoutant : « Et s’il le faut, par les armes ». Et si l'on voit un adulte maltraiter un enfant ou une personne handicapée, « aimer » cet adulte voudrait-il dire : laisser faire ? Les exemples d'un amour qui prend parti sont multiples. On le voit notamment chez Jésus, qui a durement combattu les autorités qui imposaient au petit peuple une vie désespérante avec des lois impossibles à pratiquer. Pour Jésus, « aimer » petits et « pauvres » de son peuple, c'était lutter contre ceux qui leurs oppresseurs. Lutter « les mains nues », sans violence.

La paix prêchée par Jésus exige de dire aux responsables qu’ils ont à respecter les petits. Et Dieu sait si un responsable déteste être critiqué. Aussi combien de prophètes n'ont-ils pas été assassinés parce qu’ils annonçaient la Parole de Dieu et sa justice (3) ? Pensons à Martin Luther King qui, de manière non violente, avait obtenu qu'à Alabama, les Noirs puissent s'asseoir, eux aussi, dans les bus municipaux (4). Peu après, il fut abattu ! Sa parole dérangeait. Ou à Jérémie (5), qui combattait les tenants d’une guerre qu'il jugeait stupide. Les autorités l'ont fait jeter dans une citerne, heureusement presqu’asséchée.

Être ami de tout le monde est impossible (6). Mais on peut, par exemple, quand on entend dire du mal de quelqu'un, oser intervenir sans agressivité et dire simplement : « Je ne suis pas d'accord. » Cela provoque habituellement, comme le dit Jésus, la division. Mais c’est parce qu'on aime....

(1) Colossiens 3, 21.

(2) Ainsi Etty Hillesum, Juive hollandaise de 27 ans, auteure du livre « Une vie bouleversée ».  Poursuivie par les Nazis comme juive, elle a toujours refusé d’entrer dans la Résistance. Pour ne pas tuer ! Selon elle, il était essentiel de d’abord combattre le mal en soi-même. Elle est morte en déportation.  

(3) A partir du moment où une religion combat des fautes rituelles plutôt que des injustices sociales, il faut la supprimer ! C’est ce que voulut faire Jésus !

(4) Il invita les Noirs à ne plus prendre le bus et aller à pied. Pour que la société de bus ne soit pas ruinée, une loi permit alors aux Noirs de s’asseoir.

(5) 1ère lecture. 

(6) Rappelons-nous la chanson ‘La Vérité’ de Guy Béard : « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté... »

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