Fête du baptême de Jésus

Le texte          Mc 1, 7 – 11  (Les expressions et mots en italique sont plus près de l’original que dans le missel)  

En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait : « Voici donc venir derrière moi celui qui est plus fort que moi : je ne suis pas capable de m’abaisser pour défaire la courroie de sa sandale.  Moi, je vous ai baptisés (1) avec de l’eau. Lui par contre vous baptisera  dans l’Esprit Saint. »  Et il advint (2)  ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée (3), et fut baptisé (4) par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il (5) vit les cieux se déchirer et l’Esprit comme une colombe descendre vers lui. Il y eut une voix advenant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé. En toi, je trouve mon bon plaisir. »

(1) Baptisein signifie plonger, immerger.

(2) Cette expression « il advint » ou il arriva (qui, le plus souvent, comme ici n’est pas traduite) marque l’importance de ce qui suit. Ici la venue de Jésus.

(3) Une fois de plus, soulignons que Nazareth est une bourgade inconnue du premier Testament et que la Galilée (la Galilée des païens !) était une région méprisée par les Juifs de Judée, car les païens y abondaient.

(4) L’évangéliste dit que Jésus est immergé dans le Jourdain et ne signale aucun rite de la part  de Jean...

(5) Seul Jésus voit ces deux choses et entend la parole, contrairement à la Transfiguration...

  

L’homélie

Marc commence son évangile quand Jésus a plus de 30 ans. A ce moment, un certain Jean (1) prêche et baptise dans le désert. Mais qu’a fait Jésus pendant ces trente ans qui font les 9/10e de sa vie terrestre ? Je le rappelle ici, l’objectif des quatre rédacteurs des évangiles n’était pas de faire une biographie de Jésus mais d’aider les chrétiens à croire en lui. On peut dès lors penser que Marc a estimé qu’évoquer l’enfance de Jésus était inutile pour notre foi... Pour lui, l’essentiel commence vers ses trente ans. Savoir donc si Jésus était un bon fils, s’il travaillait dur dans l’atelier de son père, si, étant jeune, il lisait la Bible, s’il priait, s’il allait à la synagogue, etc. pour Marc cela n’aidera pas notre foi en Jésus. Dès lors il n’en dit mot...

Bien sûr,  nous pouvons supposer certaines choses de sa jeunesse  à partir de sa vie d’adulte, mais Marc, je le répète a trouvé inutile d’en faire état...  Au fond, et c’est vraiment étonnant, tout le contenu de notre foi en Jésus ne repose que sur les deux années (2) de sa vie publique, qui  se termina par sa mort. Il devait avoir alors 36 ans...   

Remarquons plutôt le soin avec lequel il écrit la première phrase de son livre. C’en est d’ailleurs le titre : « Commencement de l’Evangile (ou joyeuse annonce) de Jésus,  ce Jésus  qui est aussi Christ ou Messie et qui est aussi Fils de Dieu (3). Ce même mot « commencement » se trouve au tout début de la Genèse, le premier livre de la Bible. Marc voulait sans doute indiquer qu’avec Jésus un monde nouveau commençait, un monde marqué par une Bonne Nouvelle. A nouveau, comme au début de la Genèse, l’Esprit de Dieu est présent où « il planait sur les eaux ». A trois reprises, Marc fait état de l’Esprit : dans la bouche du Baptiste, dans sa descente sur Jésus, et dans la décision de Jésus d’aller au désert.

Marc pratique la méthode de l’inclusion  (4) pour souligner l’unité de son évangile. Ainsi il note au début de l’évangile la présence de l’Esprit en Jésus et, vers la fin (15, 37), il note que Jésus rend l’Esprit. De même  en  début  de  récit,  il  note  la  déchirure  du ciel et en fin de récit la déchirure du voile du Temple. En effet les anciens imaginaient le ciel comme une gigantesque toile bleue qui séparait le monde de Dieu au-dessus de la toile, du monde des hommes en-dessous. Grâce à Jésus, ces deux mondes sont réunis. A la mort de Jésus, il y aura une deuxième déchirure, celle du voile du Temple. Celui-ci cachait Dieu aux yeux du peuple  mais désormais, Dieu sera accessible à tous les êtres humains en Jésus (5).

Jésus vient à peine de se reconnaître totalement homme en demandant le baptême de conversion que, sortant de l’eau, il fait  l’expérience bouleversante que Dieu l’habite au plus profond de lui-même. C’est le moment où ’Esprit Saint se pose sur lui, à la manière d’une colombe (qui plane avant de se poser quelque part)  et le moment où des cieux vient une voix : « Tu es, c’est-à-dire toi qui vient d’assumer pleinement ton humanité en demandant le baptême de conversion, tu es mon Fils bien-aimé en qui je trouve mon bon plaisir. »

La question se pose souvent : Jésus savait-il qu’il était Dieu ? Le savait-il à 5 ans, à 15 ans, à 30 ans ? Ma réponse est nette : Non, il ne le « savait » pas. On peut en effet penser que, comme les mystiques, si Jésus ne vivait pas chacune de ses journées avec la certitude qu’il était Fils de Dieu, cette réalité merveilleuse s’est présentée à deux reprises à sa « foi » : ici et à sa transfiguration (6). Il ne faut jamais confondre « savoir » et « croire »... Ainsi, je ne sais absolument pas que je vais ressusciter, mais je le crois !

(1) Marc suppose que ce Jean est connu puisqu’il ne le présente pas...

(2) La plupart des exégètes contemporains parlent de deux années de vie publique...

(3) Si souvent, nous disons : « Jésus Christ » comme si Jésus était le prénom et Christ le  nom de famille. En fait, si la plupart des  êtres humains « savent » qu’a existé un homme appelé Jésus, seuls les chrétiens «  croient » que cet homme est aussi Messie et aussi Fils de Dieu... Voir Marc 14, 61 – 64 où en se reconnaissant tel devant le grand prêtre, Jésus signe son arrêt de mort. Nous voyons ici encore une inclusion.

(4) Marc utilise donc cette méthode de l’inclusion à deux reprises (procédé qui consiste à commencer et terminer une phrase, un texte ou un livre par le ou les mêmes mots).

(5) En 15, 38. Jésus ayant expiré, le voile du Sanctuaire se déchira en deux du haut en bas.  

(6) A la Transfiguration  (8, 2 – 10), Dieu se manifeste à Jésus, Pierre, Jacques et Jean en compagnie d’Elie et Moïse,

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